Auguste HERBIN

1882 (Quiévy) - 1960 (Paris)

Paysage aux deux arbres, 1909

Paysage aux deux arbres, 1909

Technique : Huile sur toile

Dimensions : 67 x 48 cm.

Prix : Contacter la galerie

Certificat de Geneviève CLAISSE

Paysage aux deux arbres, 1909

Biographie

Auguste HERBIN

Il commence à étudier le dessin à l’Ecole des Beaux-arts de Lille, en 1900, puis vient se fixer à Paris en 1903. En 1909 il habite au Bateau-lavoir. Durant sa période d’apprentissage de la peinture son style est influencé par l’impressionnisme et le postimpressionnisme de Cézanne et Van Gogh.

Dès 1906 on peut remarquer que formes et couleurs s’affranchissent progressivement de la représentation des objets pour conquérir leur autonomie plastique : cette période de l’œuvre d’Herbin est dite « fauve ». Herbin sera ensuite associé aux premières expériences cubistes et exposera au Salon des Indépendants avec Metzinger, Gleizes et F. Léger. Ce qui frappe dans les œuvres de sa période dite « cubisme prismatique », c’est qu’elles ne sont absolument pas détachées du réel, mais sont une transcription en équivalences picturales de la réalité. Pourtant Herbin sera un des premiers en France, avec Gleizes, Hélion, puis Delaunay, Kupka et Arp, à évoluer vers l’abstraction pure dès 1912. Parallèlement aux évolutions de Kandinsky ou Mondrian, Herbin arrive à la plénitude abstraite ; dans les années 1917 et 1921 il exécute de vastes fresques abstraites. De sa période cubiste il ne retient que les surfaces bien délimitées et hautes en couleurs et leur ordonnance rythmique. De 1922 à 1925, Herbin retourne à la figuration.

Après cette dernière hésitation de son itinéraire, Herbin consacre le reste de sa vie à l’abstraction. Il explique sa plastique tout a fait nouvelle en 1949 dans L’Art non figuratif non objectif. Il reprend à son compte certaines des idées proposées par Kandinsky, lui-même inspiré par la partie du Traité des couleurs de Goethe, concernant le potentiel allégorique symbolique et mystique de la couleur. Pour Herbin la perception affective des formes et des couleurs passe par une dérive synesthétique, qui associe certaines formes et certaines couleurs à des sensations précises. En outre, à la dynamique de telle ou telle forme serait étroitement liée l’énergie d’une couleur précise.

Herbin : La couleur possède en soi un pouvoir spatial. Certaines couleurs expriment l’espace en profondeur (les bleus), d’autres l’espace en avant (les rouges). Certaines couleurs expriment le rayonnement du dedans au dehors (les jaunes), d’autres du dehors au-dedans (les bleus). Certaines couleurs expriment la mobilité (les rouges, les jaunes, les bleus), d’autres l’immobilité (le blanc, les noirs et les verts), d’autres la mobilité et l’immobilité selon les rapports (les roses et les violets). Ces résultats peuvent êtres modifiés par les rapports des couleurs entre elles.

Afin de dominer cette sémantique, Herbin choisit de se limiter stratégiquement à des formes et à des couleurs simples, annonciatrices des structures primaires de l’abstraction-minimaliste américaine (cercles, triangles, carrés, rectangles, losanges) et les couleurs fondamentales (violet, bleu, vert, jaune, orangé, rouge plus le blanc et le noir).

L’œuvre de Herbin a exercé, par son exceptionnel accomplissement dans la sérénité, un rayonnement déterminant pour la définition et le développement de ce qui fut nommé l’abstraction géométrique. Cette œuvre, à la fois austère dans sa conception spirituelle et tonique dans ses infinies combinaisons de formes et de couleurs, témoigne désormais de la conviction que Herbin partageait avec Vinci que « la peinture est une chose de l’esprit »