Henri LEBASQUE

1865 (Champigné) - 1937 (Le Cannet)

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Biographie

Henri LEBASQUE

Peindre dans la lumière et dans la joie, spontanément, légèrement et sans effort apparent, telle parait être le géni propre d’Henri Lebasque. Pas de système appris, laborieusement échafaudé, pas de formules, pas de genres, ou plutôt il les effleure tous ; il peint tout ce qui vit et tout ce qui charme : les femmes, les fleurs, les enfants, le ciel et les eaux. Un air léger et limpide baigne son œuvre entière qui ne s’attarde ni aux sujets graves ni aux effets tristes, ni aux teintes sourdes.

Cet instinctif cependant, ce peintre facile, est un grand laborieux ; ses dons évidents ont été cultivés avec une application continue. Cet art spontané et qui n’a l’air de ne rien devoir à personne a des racines et des attaches profondes.

D’abord élève de Bonnard  aux Beaux-arts, il renonce vite à son enseignement pour rejoindre les peintres de la Galerie Le Barc de Bouteville (Bonnard, Vuillard, Signac, Petitjean…), et exposer au Salon de la Société Nationale en 1896, puis aux Indépendants et au Salon d’Automne.
Ami de Matisse, de Manguin, de Rouault, il n’adhère pas à leur violence de pâte et de couleur ; il est plus proche de Pissarro et de son impressionnisme en mineur qu’il adopte d’ailleurs jusque vers 1905.

Influencé par le fauvisme, il emploie une facture plus libre et plus large, sans pour autant lui emprunter sa véhémence colorée, il use de tons délicats, vaporeux, lumineux, dans des scènes de plein air ou d’intérieur à l’intimisme harmonieux, peintes le plus souvent sur les bords de la Méditerranée : Les Jeunes filles dans le parc (1911), Enfants lisant dans un Jardin, La Cigarette (Musée d’Orsay).

Cet art de demi-teintes, « où la sensibilité de l’artiste se confond avec la lumière qui l’inspire » écrivait Apollinaire rendant compte  en 1910 du Salon de la Société Nationale dans l’Intransigeant, est toujours sans mièvrerie.